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Vers Géant

Ver.

Une chronique. Extrait des Mystères du Ver.

Sixième Mystère : Sagesse

Un jour que le soleil dardait ses ardents rayons sur les plaines éthérées, un attroupement de paysans vint à la rencontrer du PROPHÈTE. Ils se plaignirent de la chaleur de l'Astre qui écrasait leurs bonnes récoltes. Ils pleurèrent au sujet d'A'gloth l'implacable qui brûlait la joue de leur aimée. Ils implorèrent PROPHÈTE de faire venir les nuages, de faire tomber la pluie. Et PROPHÈTE de répondre :

- Suis-je donc le gardien de mon frère ?

Et par sa voix parlait le VER. Mais les paysans n'en eurent cure. Ils gémirent trente jours durant jusqu'à ce que PROPHÈTE se décidât au sermon. Des légions de nuages d'un noir maladif se réunirent pour former une masse unique. Bientôt, des trombes d'eau se déversèrent. Les paysans célébrèrent l'évènement en égorgeant un cochon. Mais bientôt, l'inondation survînt et noya les divines plantations. Les paysans se hissèrent sur les toits, serrèrent leur progéniture contre leur cœur. PROPHÈTE MARCHAIT SUR L'EAU, à douze pieds de leurs toits. Et de Sa lumineuse bouche déclamait le Ver :

- Suis-je donc le gardien de mon frère pour intercéder en votre faveur, paysans ?

- Non ! Hurlèrent les paysans affolés. Mais il était trop tard : il plut, plut jusqu'à ce que la campagne entière soit noyée sous les flots impétueux. Et sous les gémissements des noyés, PROPHÈTE scandait :

- Ainsi se termine mon sermon. Il est trois choses à retenir et les mots s'achèvent par Der'Vermiis.

Douzième Mystère : Transfiguration

Venez à moi car mon visage n'a pas d'yeux et compte cent mille yeux différents. Venez à moi car ma bouche est fendue et parce que blême sera toujours mon front et mes espoirs. Je suis le Ver Triomphant, car je triomphe de mes opposants. Je suis le Ver dévoreur, car je dévore la chair et l'âme de mes ennemis. Je suis le Ver, car je sommeille dans les entrailles de mon hôte. Je suis le parasite final, le grand dévoreur.

Viens à moi, et tu me deviendras. Tes dents pourriront et tomberont, ta peau durcira comme sous un soleil ardent. Tes yeux rétréciront et se fondront dans ta chair.

Viens à moi, deviens-moi, car je suis le début et la fin de toute vie.

Je suis le Ver Triomphant.

Ainsi se termine mon sermon. Il est trois choses à retenir et les mots s'achèvent par Der'Vermiis.

Neuvième Mystère : Résurrection

Un jour de grande disette, tandis que les paysans affamés buvaient le sang de leurs bêtes, PROPHÈTE fit son apparition. PROPHÈTE n'avait ce jour là qu'un œil et une bouche.

- Qui es-tu et d'où viens-tu, demandèrent les paysans en se rapprochant de PROPHÈTE.

- Sachez que mon nom n'est autre que DÉBUT et FIN.

Les paysans s'esclaffèrent en se rapprochant davantage.

- Ton nom est peut-être FIN, mais le nôtre c'est FAIM.

- Apportez-moi vos vivres et jamais plus vous ne connaîtrez la faim.

- Nos vivres ? Mais tu es fou étranger ! C'est la famine ici ! C'est toi qu'on va manger.

Et les paysans de leurs cruelles piques transpercèrent PROPHÈTE. On le découpa en lamelles que l'on distribua
dans tout le village. Mais le lendemain matin, tous se plaignirent de maux de ventre. Leurs visages se firent eaux,
leurs ventres gonflèrent comme des voiles. Et dans leur tête résonnait la voix de PROPHÈTE. Au soir, ils s'effondrèrent, et de leurs entrailles jaillirent des VERS qui se régalèrent de leur chair. Les vers s'unirent pour former une altière silhouette.

PROPHÈTE.

- Il est deux choses à retenir, et les mots s'achèvent par DER'VERMIS.

Vingtième Mystère : Luxure

Un jour, PROPHETE et ses apôtres pénétrèrent dans Zêta, cité de la Tripolitaine. Ils y découvrirent un grand lieu de débauche. Les corps entremêlés exsudaient la sueur, les fluides et le pêché. Les râles et les gémissements s'entrechoquaient, pas un regard ne se posa sur PROPHETE. Chair contre chair, homme contre homme et femme contre femme, telle était la vision de Zêta.

Alors, PROPHETE s'assit sur la grand-place, tourna les paumes vers les cieux, et dit :

  • « J'apporte la délivrance et j'apporte les chaînes. Acceptez ces chaînes, car elles vous protègeront de la luxure, et vous délivreront du stupre. »

Mais l'un des pêcheurs de s'écrier:

  • « Nous n'en voulons pas, de tes chaînes ! Rejoins-nous plutôt, et délivre-toi de tes propres chaînes ! »

  • « Si tel est votre désir. »

PROPHETE embrassa chacun de ses apôtres, qui fondirent dans l'orgie et s'abandonnèrent aux hommes comme aux femmes. Mais bientôt, les gémissements firent place à des cris, et les cris à des hurlements. Les corps des pêcheurs ensemencés par les apôtres se tordirent, dévorés de l'intérieur. Et tous en coeur imploraient PROPHETE.

Il est deux choses à retenir, et les mots s'achèvent par Der Vermis.