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Rue Sarmath

Une rue animée de Sarmath.

Une chronique.

Informations RP

L'homme aux cheveux rouges balaya la place centrale de Sarmath du regard. Le veilleur menaçait de s'endormir debout, le guide tirait pensivement sur sa pipe et les passants l'ignoraient. Pour eux, il n'était qu'un étranger. Pis encore : un étranger aux cheveux rouges. Pour quelle raison se seraient-ils rapprocher de lui ? Non, ça n'aurait eu aucun sens. L'homme haussa les épaules et fit son chemin en silence.

Les gars du Klan étaient des monstres. Il les avait vus ouvrir le feu sur des employés halfelins juste pour s'entraîner. Il les avait vus venir toucher la taxe de "protection"au bordel local. Il les avait vus maltraiter les filles. Ils voulaient des passes gratuites, ils voulaient leur faire du mal. Ils se pavanaient au saloon à conter leurs exploits sanglants aux gogos. L'alcool les rendait plus mauvais encore qu'ils ne l'étaient. Parfois, ils s'entretuaient à cause d'une histoire de dés pipés. Parfois, un des chefs venait assurer l'ordre. Le grand Karl, Franckie la Malice ou Bjorg le noiraud. Les frères Konstantin qu'ils s'appelaient. Des monstres.

Les Ogres, bien sûr, n'étaient pas en reste. À cause de l'épidémie, leur quartier était condamné, et on ne les voyait plus trop fureter dans cette partie de Sarmath. N'empêche qu'avant la condamnation du quartier, il avait vu de sacrées bagarres. Lors de son arrivée, il avait surpris trois ogres en train d'emmerder une nana du coin. Il n'était pas venu à son secours, non. Il avait suivi son chemin comme un couard. Une autre fois, les Ogres avaient "arrêté" et "jugé" un prétendu traître au service du Klan. Ils l'avaient déshabillé, puis fouetté jusqu'au sang. Ensuite, quand la peau fut à vif, ils l'avaient foutté avec des fouets cloutés. La chair fut arrachée par morceaux entiers. L'homme se tenait toujours debout, malgré la douleur et sa mort prochaine. Ils l'avaient achevé d'une curieuse manière : Amadeus Grawl lui avait croqué la tête.

Et c'était sans compter les autres bandes, qui ne faisaient pas régner leur loi mais qui emmerdaient quand même bien le monde. Les dragons vicieux, les coupe-gorges. Il en passait et des meilleurs.

L'homme gagna finalement une ruelle, proche du Cercle de Sciure. Il vît trois gamins et leur maman en train de jouer. Il sourit. C'était bon de voir un peu de gaieté et d'innocence. Ils semblaient tellement heureux... la maman les embrassa, et ils rentrèrent tous dans leur petite baraque mal chauffée. L'homme s'approcha de la maison, et urina contre la porte. Puis, il craqua une allumette au souffre et la jeta dans l'urine, qui s'enflamma dans une micro-explosion. Bientôt, la maison de bois fut dévorée par les flammes, et on entendit distinctement les enfants hurler à l'intérieur.

Maison brulant

Feu.

L'homme aux cheveux rouges n'était pourtant pas un monstre. Oh non.

C'était un démon.

Et son rire résonna longtemps dans Sarmath ce jour-là.