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Tavern for Descent by feliciacano

Scène imaginaire de la taverne.

Une chronique.

Informations RP

"Vas-y aboule le fric, j'ai la came."

Larry la débrouille jeta un regard nerveux au reste de la taverne. Il avait eu un mauvais pressentiment au c'matin là.

Son petit doigt lui avait dit de ne pas lever son cul pour refourguer la néraïne à l'étranger aux regard de feu. Le type lui était tombé dessus la veille avec ses cheveux blanc os et ses yeux de braise. "Néraïne, avait-il soufflé." "Cinq cents pièces le rail." À ce prix-là, Larry se faisait cinquante pourcent en plus sur le deal. En d'autres mots, il était tombé sur le pigeon parfait, tellement accro à la roche fantôme qu'il aurait probablement vendu son cul pour un rail. Voilà pourquoi il avait bougé le sien ce matin pour se retrouver dans une taverne minable de Sarmath.

Le type avait l'air d'un vrai dingue : accro jusqu'à la moelle. Il avait les yeux rouges et fiévreux, les mains moites du camé en manque et par A'gloth ce qu'il pouvait suer !

N'empêche... quelque chose n'allait pas...

"Passes, j'en peux plus, il m'en faut de suite" coassa misérablement l'étranger. Larry venait de lui refiler le second sachet lorsque le temps s'arrêta dans toute l'auberge. On venait d'entendre nettement, distinctement, un raclement sourd venant de derrière la porte principale.

Non, pas vraiment un raclement. Un grognement. Terriblement guttural et profond. Terriblement menaçant. Les yeux de Larry s'agrandirent. Un grognement pareil n'aurait pu venir d'aucun être humanoïde, pas même d'un authentique orc. Cela ne pouvait venir que... mais non, c'était impossible. Voilà cinq ans que Larry dealait à la sauvette, et jamais ILS ne l'avaient emmerdé. Mais alors...

Un nouveau grognement. Cette fois-ci, la moitié se la salle se leva d'un bond, et l'étranger en avait laissé tomber sa dose de poudre. Les mots apparurent avec horreur dans l'esprit de Larry.

Le Ka.

Comme s'ils avaient tous été unis par un lien télépathique, les clients de l'auberge se mirent à se précipiter vers la porte de derrière... qui vola en éclats en même temps que l'entrée principale. Larry faillit en tomber à la renverse. De l'arrière des hommes en uniforme noir se jetaient sur les clients et les menottaient au sol. Et devant... devant... Un mage au sourire triomphant tenant son golem en laisse. La monstrueuse chose, pourvue de quatre pattes et de trois rangées de crocs, ne désirait visiblement rien de moins que de dévorer vivant les malheureux clients. Le mage, un grand homme chauve au visage défiguré, la tenait fermement en serrant une chaîne d'acier de la main droite.

Larry aurait du se coucher au sol. Mais Larry avait l'instinct de survie trop développé.

Larry s'enfuit à toutes jambes en direction du premier étage. Aussitôt, des hommes en noir s'engagèrent à sa poursuite. "Police Secrète ! Pas un geste ! Au nom du Ka !"

Larry la débrouille n'était pas un athlète, loin s'en fallut, mais il courait toujours très vite. Ses jambes puissantes dévalaient les marches quatre à quatre et il se dit qu'il atteindrait la fenêtre d'en haut en moins de dix secondes. Dix secondes, c'était tout ce qu'il lui fallait.

Les poumons en feu, il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et aperçut les agents sur ses talons. Mah'zraï tout-puissant, des hommes de chair et de sang pouvaient-ils courir aussi vite ? Ils le plaquèrent au sol alors qu'il atteignait la dernière marche... et vu l'étranger aux yeux rouges s'enfermer dans la remise.

Menotté au sol, écrasé par la botte noire d'un homme masqué, il n'entendit que les grognements de la chose se rapprocher. Les grognements laissèrent bientôt place à l'haleine la plus fétide qu'il ait jamais connue. La face boursouflée du monstre n'était qu'à quelques centimètres de son visage. Si jamais le mage le lâchait...

"J'vous en prie ! La came est chez moi ! Je dirai tout !" Tous les hommes présent partirent d'un rire sinistre. Le mage se pencha vers lui. Il était si près que Larry apercevait dans ses yeux son propre regard terrorisé.

"Nous n'avons cure de ta néraïne, minable. Où est-il ? Où est-il ?" Le cœur de Larry manqua un battement. Ils étaient venus pour l'étranger. Il n'aurait jamais, jamais dû se lever ce matin.

Larry Leazwall, alias la Débrouille, n'écouta que son courage...

Et tendit le doigt vers la remise.

On entendit plus jamais parler de l'étranger et de Larry. En fait, ce fut comme s'ils n'avaient jamais existés.